L’OCT Spectral Domain MS-39 vous aidera lors de vos adaptations en orthokératologie

L’orthokératologie

L’orthokératologie est généralement recommandée chez les patients ayant une myopie faible à moyenne (jusqu’à 6 dioptries), en cas d’hypermétropie (jusqu’à 3 dioptries) et dans certains cas d’astigmatisme. En outre, cette technique peut également être bénéfique dans certains cas de presbytie. En plus des effets sur la réfraction, l’orthokératologie peut également ralentir la progression de la myopie et l’élongation du globe oculaire chez les patients plus jeunes.

Depuis ses débuts, l’orthokératologie a subi d’importants changements, impliquant de nouvelles géométries, conceptions et matériaux. Les nouvelles lentilles sont plus sûres, ont une perméabilité à l’oxygène élevée et sont plus confortables à porter en dormant ou en ayant les yeux fermés. De plus, des outils de diagnostic avancés récents permettent une compréhension plus approfondie de l’orthokératologie et un suivi plus précis des patients pendant toutes les phases du traitement. Un OCT de segment antérieur, tel que le MS-39 de chez CSO, représente l’une des dernières innovations dans ce domaine.

Comme aucuns tissus n’est enlevé chirurgicalement, l’orthokératologie n’induit aucun changement volumétrique de la cornée, comme cela se produit avec les techniques de chirurgie photoablative. Par conséquent, pour obtenir une variation de rayon de courbure, qui est lui-même corrélé à la réduction de l’erreur de réfraction, il est nécessaire de façonner le tissu cornéen. Les technologies actuellement disponibles nous permettent de mieux comprendre comment se produisent les altérations, d’avoir des valeurs quantitatives et de connaître les modifications pouvant survenir au cours des phases de traitement.

L’image 1 montre une coupe cornéenne acquise par l’OCT MS-39 d’un œil sur lequel une lentille ESA est appliquée pour l’orthokératologie myopique (Esavision Technology, Vérone, Italie). Sur l’image, la zone d’appui périphérique, la zone de contact apicale et la zone de dégagement maximal au milieu de la périphérie peuvent être observées. Cette lentille, porté les yeux fermés, agit comme un outil de remodelage, façonnant le tissu cornéen sous-jacent. La lentille exerce une pression dans la zone de contact périphérique en déplaçant le tissu vers la zone de dégagement maximal de la lentille. On obtient ainsi un aplatissement périphérique qui induit une courbure médio-périphérique, avec pour conséquence un aplatissement secondaire de la zone centrale (image 2). Une légère pression centrale peut augmenter encore l’aplatissement de la zone optique cornéenne.

Image 1 : Coupe cornéenne acquise par OCT d’un œil sur lequel une lentille ESA est appliquée pour la compensation de la myopie. Nous notons la zone de support périphérique, la zone de contact apicale et une zone de dégagement maximal sur le milieu de la périphérie. Image 2 : La lentille exerce une pression dans la zone de contact périphérique en déplaçant le tissu vers la zone de dégagement maximal de la lentille. Par conséquent, on obtient un aplatissement périphérique qui induit une courbure mi- périphérique, avec un aplatissement secondaire consécutif de la zone centrale.

 

L‘épithélium est la partie la plus molle et la plus malléable de la cornée. Il est donc raisonnable de penser que les changements ont lieu au niveau épithélial. Cela a été confirmé par deux études histologiques réalisées sur des animaux. La première a été menée par Matsubara et al. * sur les yeux de lapin. Dans cette étude, l’épaisseur de l’épithélium cornéen montrait une variation topographique en accord avec l’effet orthokératologique décrit ci-dessus, tandis que les résultats de l’étude histochimique ne montraient aucun changement significatif de la fonction épithéliale ni aucune altération métabolique induite par les forces de compression de la lentille. Un deuxième travail a été mené par Jennifer Choo et al. ** sur des chats. Cette étude a démontré que la compression cellulaire se produit dans les premières heures et qu’une redistribution des cellules épithéliales se produit en raison de l’action de remodelage de la lentille. Cela pourrait expliquer les résultats de réfraction stables d’un traitement orthokératologique efficace.

L’OCT de segment antérieur MS-39 fournit non seulement une topographie et une tomographie cornéennes complètes, mais également une analyse précise de l’épaisseur épithéliale in vivo. Les images 3 et 4 montrent la coupe horizontale de la cornée d’un patient qui subit une orthokératologie pour sa myopie de -4.50D. La coupe tomographique acquise avec l’AS-OCT MS-39 montre une distribution d’épithélium cornéen différenciée, avec un amincissement symétrique à la périphérie de la cornée et un épaississement relatif à la moyenne périphérie.

Image 3 : La section horizontale du segment antérieur réalisée avec l’AS-OCT MS39 montre une distribution de l’épaisseur de l’épithélium cornéen différenciée, avec un amincissement symétrique de la région périphérique de la cornée (A) et un épaississement relatif en moyenne périphérie (B).
Image 4 : Le grossissement de l’image 3 montre l’épaississement en moyenne périphérie cornéenne.
Image 5 : Récapitulatif topographique des mesures effectuées avec l’AS-OCT MS-39.

 

L’image 5 montre un résumé topographique des mesures effectuées avec l’AS-OCT MS 39. Dans l’ordre, de haut en bas et de gauche à droite : la carte pachymétrique de la cornée puis celle de l’épithélium cornéen ; la carte des rayons de courbure des surfaces antérieure et postérieure ; l’élévation antérieure et postérieure. Les données montrent que les variations de forme sont toutes relatives à la surface antérieure de la cornée, avec une augmentation de l’élévation dans la cornée paracentrale qui correspond à une région d’épaississement relatif de l’épithélium et une augmentation de la courbure, mise en évidence par les anneaux rouges concentriques dans la pupille. Nous pouvons également observer un léger amincissement central de l’épithélium et un aplatissement de la courbure qui produit la compensation de l’erreur de réfraction, ainsi qu’une zone d’aplatissement concentrique dans la région périphérique, correspondant à la zone d’alignement de la lentille de contact ainsi qu’une réduction de l’épaisseur cornéenne, due à la compression exercée par la lentille.

Image 6 : Profils de courbure antérieure, d’épaisseur cornéenne, d’élévation antérieure et postérieure.

 

L’image 6 montre les valeurs numériques des effets induits par le façonnage de la cornée.

Dans l’image 7, les effets du façonnage de la cornée peuvent être analysés au niveau de la réfraction. Les changements cornéens produits par la lentille orthokératologique ont été obtenue par redistribution des épaisseurs épithéliales, induisant par conséquent une variation altimétrique de la surface de la cornée. Cette variation contrôlée de la courbure de la surface antérieure de la cornée entraîne une réduction précise et régulière du pouvoir dioptrique de la cornée centrale.

Image 7 : Résumé topographique utilisant une carte de réfraction cornéenne, une carte des courbures antérieures, une carte d’élévation antérieure et une carte de la pachymétrie épithéliale.
Image 8 : Représentation 3D de l’épaisseur épithéliale mesurée avec l’AS-OCT MS-39.
Image 9 : Représentation 3D du pouvoir de réfraction de la cornée calculée à partir du principe du Ray Tracing grâce au logiciel de l’AS-OCT MS-39.

 

 

La représentation tridimensionnelle de la carte épithéliale représentée sur l’image 8 montre clairement l’effet de façonnement induit par la lentille de contact. Celle-ci a fourni une redistribution du pouvoir de réfraction de la cornée, avec une réduction simultanée du pouvoir dioptrique dans la zone optique, comme le montre l’image 9.

En pratique clinique, outre les examens standards de la réfraction et la biomicroscopie, la topographie cornéenne est l’instrument de choix pour vérifier le succès de l’orthokératologie. Les mécanismes qui régissent le façonnage de la cornée par l’orthokératologie sont encore loin d’être parfaitement compris. L’analyse tomographique haute définition réalisée avec l’AS-OCT MS39 permet au clinicien de mesurer les effets de l’orthokératologie sur différentes structures de la cornée, en particulier l’épithélium, et de mieux comprendre le mécanisme d’action de cette technique.

 

* Matsubara M, Kamei Y, Takeda S, Mukai K, Ishii Y, Ito S. Histologic and histochemical changes in rabbit cornea produced by an orthokeratology lens. Eye Contact Lens 2004 ;30 :198-204 ; discussion 205-196

** Choo JD, Caroline PJ, Harlin DD, Papas EB, Holden BA. Morphologic changes in cat epithelium following continuous wear of orthokeratology lenses : a pilot study. Cont Lens Anterior Eye 2008 ; 31 :29-37

 

 

 

Share:

Des questions ?

N’hésitez pas à nous contacter. Un conseiller vous répond du lundi au samedi de 8h00 à 18h00.

Prendre contact